Régis Jauffret Microfictions, publié chez Gallimard le 18 janvier 2007
Céline Minard Le Dernier monde, publié chez Denoël le 4 janvier 2007
Marie NDiaye Mon cœur à l’étroit, publié chez Gallimard en février 2007
Emmanuel Carrère Un roman russe, qui sera publié en mars chez P.O.L
Dominique Mainard Je voudrais tant que tu te souviennes, publié chez Joëlle Losfeld le 11 janvier 2007
Catherine Lépront Esther Mésopotamie, publié au Seuil le 4 janvier 2007
Arnaud Cathrine La Disparition de Richard Taylor, publié chez Verticales en janvier 2007
Frédéric Brun Perla, publié chez Stock le 2 février 2007
Arnaud Rykner Nur, qui sera publié en mars aux éditions du Rouergue
* spécial Phil : si tu passes par là, oui, je sais ce que tu en penses !
** je regrette néanmoins de ne pas y voir Fracas nouveau et saisissant livre de Pascale Kramer (dont je reparlerai, plein de trucs à raconter) et de pas y être en compagnie de Claudine Galéa et puis d'autres encore... En fait, il y a tellement de livres d'auteurs que j'aime et qui se publient (et je pense à tous ces types qui disent ne pas lire de littérature contemporaine, comme quoi y aurait que de la merde, tout ce qu'ils ratent...)
Merci à Laurent Tarillon pour ce travail d'information, si crucial en ces temps de désinformation...
Si ça continue, je vais sérieusement envisager d'aller vendre du fromage sur les marchés (tiens, à chaque fromage vendu, un livre de terroir offert, ou l'inverse).
Actuellement, le temps de travail d’un
enseignant de collège ou de lycée est de 18 heures
par semaine*. C’est, pour les professeurs
certifiés, le seul élément fixe et clair relatif au
temps de travail qui leur est demandé.
Comment le législateur a-t-il pu créer en 1950 un
statut aussi avantageux ? Il faut peut-être y
regarder de plus près. En fait, ce temps a été conçu
en prévoyant qu’un enseignant travaille 1,5
heures chez lui pour une heure devant élève afin de
préparer ses cours, évaluer les élèves et actualiser
ses connaissances dans sa discipline. Cela fait 18
fois 2,5 heures (1 devant les élèves et 1,5 à la
maison), soit 45 heures hebdomadaires. En effet, le
temps de travail légal de l’époque s’il
était légalement de 40 heures par semaine, était en
réalité de environ 42 h par semaine, sur 50 semaines.
Mais que s’est-il passé depuis pour les
enseignants ? Rien ! Alors que pour les
autres salariés il y a eu la troisième semaine de
congés payés en 1956, puis quatre en 1969. Les 40
heures réelles ont été atteintes au début des années
70 (elle était un droit depuis 1936). Mais ce
n’est pas fini, il y a eu les 39 heures et la
cinquième semaine en 1982, puis les 35 heures en
2000. En somme le temps de travail hebdomadaire pour
les salariés a baissé de 25 %. Mais les enseignants
doivent toujours le même service.
Comment peut-on parler de temps de travail sans
parler des vacances ? Eh bien justement, le
législateur a tout prévu et cela de deux façons.
D’abord 45 heures dues quand les autres
devaient 42, ça c’est pour les petites
vacances.
Donc notre temps de travail était annualisé.
Mais, et les deux mois d’été alors ? Là,
c’est un tout petit peu plus compliqué.
Certains enseignants ne le savent même pas,
d’ailleurs. Cela se situe au niveau de la
grille des salaires. Notre grille a été, elle aussi,
fixée en 1950 au même niveau que les autres cadres de
la fonction publique recrutés avec un concours au
niveau bac + 3. Mais à cette grille, il nous a été
retiré deux mois de salaire, puis le résultat a été
divisé par 12.
Et oui chers lecteurs les enseignants ne sont pas
payés pendant les grandes vacances.
Laurent TARILLON, enseignant de sciences économiques
et sociales à Grenoble.
* bon, moi je suis une grosse feignasse :
agrégée et en collège, mais c'est pas ma faute, j'ai
même pas été admissible au CAPES l'année où j'ai eu
l'agreg. En fait, je pense que ces grades sont
obsolètes. Au départ, on considérait qu'un agrégé
avait plus de temps de préparations et corrections
car il était toujours nommé en lycée. Aujourd'hui ce
n'est pas toujours le cas, et beaucoup de profs de
lycées sont certifiés. Il me semble qu'on devrait
être payés en fonction de l'établissement où on
enseigne, pas en fonction des grades, mais c'est mon
avis perso...
Avec cette envie d'une "vie dans la cité" parce que, peut-on lire dans la présentation, "entre les sondages tirés comme à la mitrailleuse, un spectacle façon « people » et les petites phrases, ce qui risque d’être le plus absent de la campagne, c’est précisément la politique, les projets de société".
Les commentaires sont modérés mais ouverts à tous : alors allez-y, allez voir si on peut construire un vrai débat.
Je regarde au dehors et, derrière ma fenêtre filtrée par le froid, je me rends compte que n'ai pas bien suivi cette campagne dans les média, je ne retiens pour le moment, avec stupeur, que le sarcasme d'un animateur de TF1*.
Pourtant tous mes livres, spécialement le dernier, et même les autres écrits, sont politiques. Je crois qu'écrire est politique, puisque c'est, à peu près, une proposition comme une autre de lecture du monde qui nous entoure.
Je vais réfléchir à cette possibilité qui m'est offerte de m'exprimer, et je crois bien que je vais en profiter pour prendre le problème à l'envers, et dénoncer cette légitimité parfois exagérée, ou détournée, de l'écrivain en tant qu'acteur de la vie politique, publique, culturelle ou comment, parce qu'on est écrivain, on peut se permettre de nier et corriger toute une culture, une pensée, sous le seul motif qu'on la juge, du haut de ce piédestal, non mature, trop locale, rustre, dépourvue "d'urbanité".
Il y a peu j'ai rencontré un vrai facho, un intello abonné à cette saloperie, et qui aurait, semble-t-il, convaincu le maire du village de donner sa signature à qui l'on suppose**. Ce Monsieur, donc, donneur de leçons, venu s'installer sur le plateau pour l'espace et la grandeur du paysage, mais méprisant tous les gens du pays, lui qui connaîtrait des tas d'écrivains, d'artistes, de scientifiques, de penseurs, a déclaré que le collège où j'enseigne, où ma fille est élève, est le "dépotoir du plateau" et ça m'a rappelé toutes ces fois où j'ai eu mal à mon pays, aux gens qui m'entourent, où je me suis sentie tellement plus petite-fille, nièce, cousine, amie et voisine de paysans qu'écrivain (et pourtant j'aime tellement ça, écrire, depuis toujours...).
Alors je crois bien, oui, que je vais, paradoxalement, profiter de mon "statut" d'écrivain, ni en campagne, ni en ville (mais, pour le moment, en montagne) pour remettre sur le tapis cette vieille histoire, en la réactualisant un peu.
*L'écologie semble être au centre du pauvre débat médiatique, mais une écologie de bonne conscience, inefficace et facile, ne mangeant pas de pain, comme on dit.
** C'est d'ailleurs tout aussi bien : je pense que toutes les pensées, même les plus ignobles, doivent être représentées, pour que l'on voit tous les visages de la France, et tant pis s'ils grimacent.
PS : je sais bien qu'un paysan n'est pas le contraire d'un écrivain, et bien sûr l'un peut très bien aller avec l'autre, et tous les intellos, heureusement, ne sont pas fachos (je me considère honnêtement comme une vraie intello...).
Cette émission est disponible en balladodiffusion.
* (et l'on sait maintenant que les mères de famille qui écrivent prélèvent sur leurs droits d'auteur des bonbons en chocolat pour que cessent les revendications adolescentes)
J'ai fait la curieuse et j'ai appris que Marie NDiaye, a eu trois enfants aux mêmes âges que j'ai eu les miens, deux garçons et une fille, et l'un de ses garçons s'appelle Sylvère (Silvère ?), ce qui n'est quand même pas si courant. Cela fait quelques rapprochements, et puis elle aussi a choisi de vivre à la campagne, pas loin d'un fleuve.
Je n'avais encore rien lu d'elle il y a une semaine, je connaissais quelques extraits et quelques "on dit"** seulement, j'ai donc fait une commande exprès à la bibliothèque de la ville (via Sylvère, enfin, le "mien") et je me suis gavée goulûment en quelques jours de Tous mes amis, Autoportrait en Vert et Rosie Carpe et j'en sors le ventre bousculé au point que j'ouvre le tout dernier, Mon coeur à l'étroit avec fébrilité. Je ne sais pas si je n'aurais pas mieux fait d'arriver innocente mercredi, tant le travail d'écriture de cet écrivain est saisissant, impressionnant. Encore une belle, très belle découverte.
* Ceux qui n'ont pas la télé peuvent le regarder pendant une semaine après la première diffusion sur internet. Diffusions : le jeudi 1er février à 21H45 (France 5, en numérique) et dimanche 4 février à 10H (France 5, numérique et hertzien).
**on dit que c'est très bien, et on a pas tort.
(Image : Lola de dos qui marche dans les pas de ses frères entre l'Hérault et la mer + mon ombre)
Je suis invitée par la médiathèque de Cahors pour tenter de répondre à une drôle de question. D'autres auteurs vont devoir aussi y réfléchir :
Régine Detambel sera la première à venir (on m'a souvent dit que nos écritures étaient comme "cousines", je n'ai pas encore vérifié, mais ça ne saurait tarder, ça me tente), fin janvier. Je serai la deuxième, le 24 mars. Ensuite Jean-Hubert Gailliot, en mai sans doute et Christian Prigent en octobre, et sans doute d'autres encore.
J'ai déjà quelques idées de réponses personnelles, mais avant de les mettre en ligne, je laisse aux lecteurs de ce cahier travailler un peu aussi sur cette question engagée :
qu’est-ce que nous fabriquons, en lisant, en écrivant ?
« Qu’est-ce
que vous fabriquez ?»
« Qu’est-ce que vous
fabriquez ?» Devant les incertitudes
auxquelles se trouvent aujourd’hui confrontés
le livre, l’édition et la littérature
elle-même, il ne paraît pas vain de poser cette
question à des écrivains.
Poser cette question, c’est tenter de savoir ce
qui fait que nous nous attachons toujours à la
littérature et à la lecture.
«Qu’est-ce que vous fabriquez ?»
Les réponses pourraient aussi être une voie
permettant aux lecteurs une approche, une découverte
de la création littéraire contemporaine, de ses
thèmes et de ses genres, de ses pratiques, de ses
œuvres.
« Qu’est-ce que vous
fabriquez ?» c’est la question que
pose la médiathèque du Pays de Cahors à des auteurs,
retenus pour la qualité et la nouveauté de leurs
livres. Elle leur demande d’y répondre, de la
façon dont ils le souhaitent, lors d’une
rencontre publique.
En amont, la médiathèque proposera fortement, bien
évidemment, la lecture des livres de l’auteur
en les recommandant et en les mettant en avant à
l’intérieur de ses locaux. La médiathèque
constituera également des réunions de lecteurs autour
de ces livres afin que les points de vue et les
questionnements de lecture se révèlent. Des échanges
de correspondance pourront avoir lieu entre ces
lecteurs et l’auteur. Toute autre forme
d’encouragement à lire sera recherchée.
La rencontre publique sera un moment particulier où
l’auteur dira « ce qu’il
fabrique », sous la forme qui lui conviendra. Le
public sera invité à accompagner l’auteur afin
que le « qu’est-ce que vous fabriquez
?» posé à l’auteur devienne un
« qu’est-ce que nous fabriquons
?», « en lisant, en écrivant ».