sourire et rougir, maquillage naturel

Peut-être à cause de mes livres, qui ne sont pas très gais (c’est un euphémisme), peut-être à cause de la photo chez POL, la plupart des personnes qui ne me connaissent pas pensent que je suis une femme qui ne sourit et ne rit jamais, une femme sérieuse et réservée, et même « froide ».
C’est faux, ou plutôt le sérieux (car oui, je suis très consciencieuse et très sérieuse) ne m’empêche pas de sourire et de rire, au contraire, et ma réserve ne m’empêche pas de rougir, d’être émue, très facilement, et d’ailleurs sinon, je ne pourrais pas écrire ce que j’écris.

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Ce n’est pas un scoop, je le dis pour ceux qui voulaient en parler sur leur site* en croyant détenir un secret bien gardé, je rougis facilement, la preuve que je ne suis pas une femme froide.

Un de mes proches m’a même dit que ça allait très bien avec mes yeux bleus, alors pourquoi me priver d’un fond de teint si bon marché, écolo, biologique au sens propre ?

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Ces preuves en images ont été prises lors des dédicaces secrètes à la librairie olympique.

* (phil est revenu chez nous avant-hier, demandant l’asile politique… et cette fois j’étais là)

Papillons de mots

Sophie Chambard a une drôle de manie d’art : elle met des faux papillons en boîte. Papillons de papier, papillons de mots.
Il y a quelque temps, son mari lui a donné une image du manuscrit des Mains gamines téléchargée chez Armand Dupuy, et, comme elle avait aimé Les Adolescents troglodytes, elle en a fait des papillons…

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Nous nous sommes rencontrées par presque hasard et elle m’a offert cette merveilleuse boîte…
que je ballade dans mon bureau…

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J’ai ouvert ma boîte à mots à moi (modèle ibookG4) pour voir les ailes des papillons palpiter dedans…

Car évidemment, et je ne savais pas que cela se produirait lorsque j’ai écrit ce bout de manus dans mon carnet (et Sophie encore moins), mais des papillons sont nés depuis dans Les Mains gamines

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Les voici, je les laisse sortir de la boîte et s’envoler vers Sophie dans le ciel du web :

Elle voulait comprendre le passage de la chenille au papillon, elle voulait démêler les mues, faire de la sériciculture une science exacte, mais dérobée, impénétrable pour les amateurs, avec des rituels de magie noire, des calculs et des paroles hermétiques, une histoire de secrets bien gardés. Elle me questionnait comme si je connaissais ces secrets. J’étais gênée, malmenée presque, de ne pas pouvoir toujours lui répondre.

Je prendrais une larve dans mes mains et je la cacherais dans mes cheveux 4 jours. Jusqu’à la nymphe, puis la chrysalide. Et j’aurais des papillons au-dessus de mes yeux, dans mon cou. Des papillons blancs partout.
Mais on n’a pas le droit de toucher aux larves sans se désinfecter les doigts, comme c’est chochotte ces bestioles.
Mamie dit qu’elle a des papillons de lumières dans les yeux, quand le loir l’ennuie. Il paraît qu’elle s’évanouit à cause de l’aigu intense, ça se mélange pas bien au liquide qui doit rester tout plat en dedans du dedans de l’oreille. Elle, elle dit que le loir remue des souvenirs qui font des vaguelettes, sur cette mer interne. Mamie l’appelle l’endolymphe. Elle est un peu fêlée. Je crois pas trop à ses fadaises, mais c’est joli quand elle m’en parle. L’endolymphe remuante, qui se déverse, la renverse, et l’évanouit.

(Les Mains gamines, à paraître, septembre 2008, éd. POL,)

dédicaces secrètes

De passage à la librairie Olympique, j’ai fait le plein de Guides automatiques pour en emmener aux différentes rencontres avec mes lecteurs.

Raymond Federman avait dédicacé « à l’aveugle » certains exemplaires des Carcasses, mais on sait quels numéros sont ainsi paraphés, puisqu’ils sont vendus plus cher.

J’ai voulu faire mieux (ou pire, c’est selon), et j’ai dédicacé dix livres « à l’aveugle » et « en secret », en prenant des exemplaires au hasard dans les piles…

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Les dix dédicaces sont différentes, certaines contiennent même des petits secrets (des secrets dans la dédicace secrète, des secrets dans des secrets, mais des secrets pas complètement révélés, ceci n’est qu’un jeu), et nous sommes seulement deux à avoir une copie (photos) de ces dédicaces et à savoir dans quels exemplaires numérotés elles se trouvent…

Mais qui les lira ? Mystère… peut-être personne, peut-être une personne dont nous ne serons jamais rien…

Jean-Paul Brussac, responsable de la librairie (qui n’a pas connaissance des « numéros gagnants ») m’a assurée qu’il veillerait à ce que les clients ne feuillettent pas plusieurs exemplaires avant d’acheter…

escapade germanophone

Je file à Lyon prendre un avion pour mon “Reading trip” en Allemagne (à l’occasion de la parution des Adolescents troglodytes chez l’éditeur allemand Klaus Wagenbach), une ville par jour… j’ai fait le plein d‘énergie (miel bien sûr, mais aussi jus d’orange).

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-Lundi 14, 19H lecture et rencontre à la bibliothèque de Vienne.

- Mardi 15 : Cologne, 20H lecture et rencontre à la librairie Bittner

- Mercredi 16 : Berlin, 20H lecture et rencontre à la librairie Autorenbuchhandlung où j’aurais le plaisir d’enfin rencontrer Nathalie Mälzer-Semlinger, traductrice du livre.

- Jeudi 17 Hambourg, 19H lecture multimedia et rencontre au festival de littérature

- Vendredi 18 : Munich, 19H lecture et rencontre à l’Institut Français.

l’écrivain qui n’avait jamais goûté de miel

Dans un échange de mails, Marc me fait cet aveu : Pour dire vrai, je n’ai jamais mangé de miel, je ne sais même pas si j’aime ça. Donc, finalement, quand je dis “miel” j’envisage le sens métaphorique, comme dans la Bible : “livres au goût de miel”, “paroles de miel”, etc.

Je n’en reviens pas : comment c’est possible ?
Oui, je sais, on pourrait me dire (et à mon avis lui va me le dire) que moi, je ne m’y connais rien en vin, puisque je ne bois jamais d’alcool, mais tout de même j’ai déjà goûté du vin, champagne compris, de différentes « sortes » et de différents crus. Et je crois bien ne connaître personne qui n’ai jamais, jamais mangé de miel…

Je l’envie un peu, de n’avoir aucune idée du goût d’une chose aussi simple et aussi répandue, d’avoir encore la possibilité de découvrir un aliment aussi commun et riche que le miel.
Dans mon mail (admirez les allitérations communes avec le mot « miel »…) je lui parlais du miel de châtaignier, mais bon, on va y aller molo, là, le miel de châtaignier est vraiment fort, âpre et corsé (moi je l’aime comme ça)… et je ne pensais pas m’adresser à quelqu’un d’aussi vierge en la matière.

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(en photo les différentes couleurs du miel)

C’est étrange comme on peut se tromper sur les personnes : je croyais que Marc était un homme ne sortant quasiment jamais, consacrant sa vie à écrire et à lire, une sorte d’ours, mais manifestement non, ou alors un ours qui n’a jamais goûté de miel… un bien étrange ours…
Marc est un écrivain remarquable, curieux de plein de choses, un grand lecteur aussi, mais pas curieux au point de goûter au miel… et je me suis demandé s’il avait déjà employé le mot « miel » dans ses écrits…

J’ai fouillé un peu dans ses textes et dans son carnet et j’ai trouvé ces trois phrases :

Le livre que j’écris aujourd’hui, plus tard je pourrai le manger, et le goût de ses pages sera doux comme du miel.

Enrobez-nous de miel, s’il vous plaît.

Je me souviens de tes yeux me regardant (…), ils s’ouvraient si grands, je n’aurais jamais pensé que la pupille puisse se dilater autant, tu avais des yeux d’une taille surhumaine, je m’y baignais, ils m’enveloppaient comme un manteau de miel.

De savoir que ces mots ont été écrits sans connaître le goût du miel me fait bizarre, je crois que pour Marc miel = douceur (comme il l’écrit dans le mail, le miel est seulement utilisé de façon métaphorique), il faut donc éviter de lui faire goûter du miel de châtaignier…