Etre mère
on se doutait que c’était le début de
l’interminable, mais aucune d’entre nous
n’avait imaginé combien elle aimerait ça,
comment elle pourrait se complaire dans ce temps
dépressif, langoureux, de ses gestes à ses enfants.
Les voir grandir imperceptiblement. Ne pas les voir
grandir.
Le
présent nous prend, le silence est aussi fort que les
cris, et le silence nous garde. On se tait devant la
désespérance quotidienne des beautés, des chagrins,
au coucher, au lever. Cette belle et grande amertume
au moment de border les enfants. Il ne reste rien que
ces journées, ces nuits : il ne reste rien que
le temps.
Pour
être chez moi, récit,
édition du Rouergue, mars 2002