écrivains en campagne (et en ville, en montagne,
écrivains de bord de mer...)
09Feb07 | hors catégorie
Le Matricule des Anges a
ouvert un nouvel espace de réflexion sur le net :
écrivains en campagne.
Avec cette envie d'une "vie dans la cité" parce que, peut-on lire dans la présentation, "entre les sondages tirés comme à la mitrailleuse, un spectacle façon « people » et les petites phrases, ce qui risque d’être le plus absent de la campagne, c’est précisément la politique, les projets de société".
Les commentaires sont modérés mais ouverts à tous : alors allez-y, allez voir si on peut construire un vrai débat.
Je regarde au dehors et, derrière ma fenêtre filtrée par le froid, je me rends compte que n'ai pas bien suivi cette campagne dans les média, je ne retiens pour le moment, avec stupeur, que le sarcasme d'un animateur de TF1*.
Pourtant tous mes livres, spécialement le dernier, et même les autres écrits, sont politiques. Je crois qu'écrire est politique, puisque c'est, à peu près, une proposition comme une autre de lecture du monde qui nous entoure.
Je vais réfléchir à cette possibilité qui m'est offerte de m'exprimer, et je crois bien que je vais en profiter pour prendre le problème à l'envers, et dénoncer cette légitimité parfois exagérée, ou détournée, de l'écrivain en tant qu'acteur de la vie politique, publique, culturelle ou comment, parce qu'on est écrivain, on peut se permettre de nier et corriger toute une culture, une pensée, sous le seul motif qu'on la juge, du haut de ce piédestal, non mature, trop locale, rustre, dépourvue "d'urbanité".
Il y a peu j'ai rencontré un vrai facho, un intello abonné à cette saloperie, et qui aurait, semble-t-il, convaincu le maire du village de donner sa signature à qui l'on suppose**. Ce Monsieur, donc, donneur de leçons, venu s'installer sur le plateau pour l'espace et la grandeur du paysage, mais méprisant tous les gens du pays, lui qui connaîtrait des tas d'écrivains, d'artistes, de scientifiques, de penseurs, a déclaré que le collège où j'enseigne, où ma fille est élève, est le "dépotoir du plateau" et ça m'a rappelé toutes ces fois où j'ai eu mal à mon pays, aux gens qui m'entourent, où je me suis sentie tellement plus petite-fille, nièce, cousine, amie et voisine de paysans qu'écrivain (et pourtant j'aime tellement ça, écrire, depuis toujours...).
Alors je crois bien, oui, que je vais, paradoxalement, profiter de mon "statut" d'écrivain, ni en campagne, ni en ville (mais, pour le moment, en montagne) pour remettre sur le tapis cette vieille histoire, en la réactualisant un peu.
*L'écologie semble être au centre du pauvre débat médiatique, mais une écologie de bonne conscience, inefficace et facile, ne mangeant pas de pain, comme on dit.
** C'est d'ailleurs tout aussi bien : je pense que toutes les pensées, même les plus ignobles, doivent être représentées, pour que l'on voit tous les visages de la France, et tant pis s'ils grimacent.
PS : je sais bien qu'un paysan n'est pas le contraire d'un écrivain, et bien sûr l'un peut très bien aller avec l'autre, et tous les intellos, heureusement, ne sont pas fachos (je me considère honnêtement comme une vraie intello...).
Avec cette envie d'une "vie dans la cité" parce que, peut-on lire dans la présentation, "entre les sondages tirés comme à la mitrailleuse, un spectacle façon « people » et les petites phrases, ce qui risque d’être le plus absent de la campagne, c’est précisément la politique, les projets de société".
Les commentaires sont modérés mais ouverts à tous : alors allez-y, allez voir si on peut construire un vrai débat.
Je regarde au dehors et, derrière ma fenêtre filtrée par le froid, je me rends compte que n'ai pas bien suivi cette campagne dans les média, je ne retiens pour le moment, avec stupeur, que le sarcasme d'un animateur de TF1*.
Pourtant tous mes livres, spécialement le dernier, et même les autres écrits, sont politiques. Je crois qu'écrire est politique, puisque c'est, à peu près, une proposition comme une autre de lecture du monde qui nous entoure.
Je vais réfléchir à cette possibilité qui m'est offerte de m'exprimer, et je crois bien que je vais en profiter pour prendre le problème à l'envers, et dénoncer cette légitimité parfois exagérée, ou détournée, de l'écrivain en tant qu'acteur de la vie politique, publique, culturelle ou comment, parce qu'on est écrivain, on peut se permettre de nier et corriger toute une culture, une pensée, sous le seul motif qu'on la juge, du haut de ce piédestal, non mature, trop locale, rustre, dépourvue "d'urbanité".
Il y a peu j'ai rencontré un vrai facho, un intello abonné à cette saloperie, et qui aurait, semble-t-il, convaincu le maire du village de donner sa signature à qui l'on suppose**. Ce Monsieur, donc, donneur de leçons, venu s'installer sur le plateau pour l'espace et la grandeur du paysage, mais méprisant tous les gens du pays, lui qui connaîtrait des tas d'écrivains, d'artistes, de scientifiques, de penseurs, a déclaré que le collège où j'enseigne, où ma fille est élève, est le "dépotoir du plateau" et ça m'a rappelé toutes ces fois où j'ai eu mal à mon pays, aux gens qui m'entourent, où je me suis sentie tellement plus petite-fille, nièce, cousine, amie et voisine de paysans qu'écrivain (et pourtant j'aime tellement ça, écrire, depuis toujours...).
Alors je crois bien, oui, que je vais, paradoxalement, profiter de mon "statut" d'écrivain, ni en campagne, ni en ville (mais, pour le moment, en montagne) pour remettre sur le tapis cette vieille histoire, en la réactualisant un peu.
*L'écologie semble être au centre du pauvre débat médiatique, mais une écologie de bonne conscience, inefficace et facile, ne mangeant pas de pain, comme on dit.
** C'est d'ailleurs tout aussi bien : je pense que toutes les pensées, même les plus ignobles, doivent être représentées, pour que l'on voit tous les visages de la France, et tant pis s'ils grimacent.
PS : je sais bien qu'un paysan n'est pas le contraire d'un écrivain, et bien sûr l'un peut très bien aller avec l'autre, et tous les intellos, heureusement, ne sont pas fachos (je me considère honnêtement comme une vraie intello...).
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