le pain de Bertoire (suite)


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Voilà, j'ai fini le pain de Bertoire, il était bon, très bon, et c'était bon, aussi, de revoir mon école. C'était bon mais triste, enfin, triste, de cette drôle de tristesse pleine de bonheur et d'agacement fiévreux, nostalgique.

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Les images reviennent brutalement : la cour, les marches de l'entrée à la classe unique, dans lesquelles se glissaient des vipères, la boîte aux lettres maintenant scellée, inutile. Manque le double escalier que le maire a rayé du paysage en l'emmurant...

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Et puis cette joie de découvrir que le pain est là, que ce lieu n'est pas devenu une résidence secondaire mais une boulangerie, une vraie, artisanale, et tenue par des gens qui ont tout fait, tout tenté, en vain, pour sauver l'école...

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Enfin ces curieuses coïncidences : je suis venue à Bertoire me frotter à mon passé parce que je passais par là, entre deux rencontres pour Le tiroir à cheveux, mais aussi parce que l'école (cette école, mais aussi l'Ecole, laïque et républicaine) fait partie de mon nouveau livre, Les adolescents troglodytes, et voilà que le temps se déplace de quelques mètres (voir plus bas, le "pain de Bertoire")... et voilà que dans mon école un boulanger cache un écrivain, un écrivain jeunesse, ça va de soi.

Merci à Bruno Sergent pour le pain, l'autorisation de publier les photos, merci pour écrire, écrire pour les jeunes (ce que je me sens incapable de faire), pour avoir essayé de sauver l'école. Merci à ceux qui l'entourent et en particulier à cet autre boulanger (celui de la photo) qui m'a ouvert gentiment la porte de mon enfance samedi dernier.

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