rats des villes, rats des champs
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Voilà le couple capturé (pas de bébés) . Ce sont bien des loirs, avec de belles queues touffues et des oreilles délicates... Une belle queue entourant une oreille ensommeillée... Il se sont endormis dès le lever du jour, l'un contre l'autre (parfois l'un en boule sur la boule de l'autre).

Y'a pas à dire, les rats des champs c'est autre chose que les rats des villes... Mettez-moi une Pisse Hille tonne ou même une Adrienne Carambar : elles tiennent pas la comparaison.

Mais maintenant on ne sait pas trop quoi faire : le loir est protégé et de toute façon à quoi ça servirai de les tuer ? Dans moins d'un mois, ils vont hiberner. On les as mis dans l'aquarium fendu qui traîne au grenier sur un vieux matelas. On monte les regarder, les admirer, les veiller en plein jour.

Leur posture me fait penser aux "boules-couples" de Jean-Luc et Titi Parant, notamment à celle-là :

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Boule-couple.
Bronze, 20 cm.
Titi et Jean-Luc Parant

Les relâcher loin de la maison les condamnerait, ils ont déjà amassé toutes leurs provisions : mon mari a vu le mâle aller et venir vers son "trou" mais on n'a pas trouvé la réserve en question, nous leur montons donc des restes de fruits et légumes (le loir est végétarien).
Aujourd'hui tomates basilic (les reliefs de cacahouètes c'était pour des souris capturées l'an dernier).

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Notre fille veut s'en occuper, les apprivoiser (il paraît que le loir se domestique facilement). Mais il va falloir les laisser tranquilles dès l'automne. Et les poils c'est très beau, mais notre grand garçon est un grand allergique.

Marie-Thé dans un commentaire sur la note précédente suggérait "Il faudrait que les loirs apprivoisent les loups. Rien à faire avant..." mais tout ça me semble bien compliqué. Les loups pourraient ramener encore plus de poils, et que de tracas avec le voisinage ! Morin habite juste en face de chez nous (même pas deux bornes à vol d'oiseau : on entend les chiens de traîneaux), faudrait pas qu'on l'accuse encore d'avoir lâché des loups...

Relâcher ces amoureux dans le grenier, et c'est nous qui ne pouvons plus dormir avant l'hibernation (et puis mes livres, on ne sait jamais, et le chanvre isolant qui part en miettes, tiens, faudra leur glisser des bouts, quand même, pour leur nouveau nid vitréWinking.

Et puis... il me font pas seulement penser aux boules des Parant, repliés l'un sur l'autre contre une cloison de verre... ils me font aussi penser à mes Adolescents troglodytes, mes ados qui, eux, tiennent la comparaison.

Car y'a pas à dire, les ados des champs, c'est autre chose que les ados des villes...

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Les bâillements se contaminent. Il est deux heures du matin. Julien fait le tour de la vitrine pour rejoindre le semblant de chambre de l’autre côté de la grotte. Il se penche en face de nous et touche l’édredon, je lui fait signe, non, il est trop humide, je crois même qu’il a pourri. Son dos est irréalisé par les deux parois vitrées. Il revient, ramasse la couverture laissée par Nadège et trifouille dans le râtelier pour récupérer un peu de foin séché, mêlé de cistre, étouffant de poussière. Je soulève le poupon du berceau pour en sortir la paille et je le donne à Marine, personne ne se moque.
On étale le foin et la paille dans le fond de la grotte, et mes gamins se couchent en se serrant (le lit c’est pour toi, Adèle, c’est pour les vieux).

Je ne vais pas me coucher. Je retourne m’asseoir au coin repas et je les regarde s’endormir. Je ne sais pas qui est tout contre qui. Je ne suis pas certaine de distinguer les plus jeunes dans l’ombre des autres. Je m’en fous. Ils sont là, en trois tas, dans une proximité qui m’échappe et me rassure. Les flammes de loin attrapent les reflets argent et or des couvertures de survie, qui bruissent au moindre mouvement, et bientôt se taisent.

Les Adolescents troglodytes, à paraître (POL, janvier 2007)


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