public averti
Henry-Claude Cousseau a été mis en examen.

Pour comprendre cette mise en examen, on peut aller y voir à plein d 'endroits :

On peut lire cet article dans le monde , dans le blog de Philippe de Jonckheere il y a un autre lecture à faire, une information solide dans Le Terrier, avec les dessins 92, 93, 94 qui ne manquent pas d'intelligence "pratique" , dessins de L.L.Mars (pour qui ne maîtriserait pas encore le lexique de droite).

Je me suis jointe à l'appel*, en tant qu'écrivain, en tant que prof d'arts plastiques, bien sûr, mais aussi et surtout en tant que mère de famille de trois enfants.

Parce que je ne supporte pas qu'on présume de l'innocence de mes enfants pour bâillonner des artistes.
Parce que je n'admets pas que le corps fantasmé de mes enfants puissent servir de prétexte à des élucubrations d'extrême droite.
Parce que les pervers, les salauds, les malades, se sont eux.
Parce que lorsque mes enfants regardent la télé et ingurgitent des pubs entre deux dessins animés, je suis obligée de traduire, d 'expliquer, pourquoi ces images mentent, sont obscènes, n'ont pas lieu d'être sur scène ou sur écran, et que la pornographie est là, dans cette intention de faire du fric en flattant leurs envies juvéniles de jouer et en suscitant un besoin d'acheter qui, pour le coup, n'est vraiment pas de leur âge (et je crois ni du mien, du nôtre).
Parce que lorsque le corps de certains enfants est utilisé pour faire vendre de l'eau minérale ou du papier-cul, personne ne bronche et que je ne peux pas expliquer aux miens en quoi cette eau ou ce papier-cul sont au-dessus des lois de protection des mineurs. Impossible d'expliquer pourquoi et dans quel contexte ils pourraient se défroquer et montrer leur quéquette pour Ev*n et ce, contre de l'argent et pour en faire encore, de l'argent.
Parce que le corps de mes enfants leur appartient, et que la représentation que les artistes peuvent faire d'un corps d'enfant n'a rien à voir avec ce corps-là, parce que très tôt je leur apprend ça : l'art est un écart avec la réalité. L'art même réaliste, même hyperréaliste, n'a jamais cette crudité prosaïque qui sature notre la société de consommation.
Parce que mes enfants constituent un public bien plus averti que ces imbéciles censeurs, et que lorsqu'ils seront en âge de voir certaines oeuvres considérées comme "choquantes" ils le feront avec un sens critique et une pensée sensible qui ne peuvent pas totalement se construire sans recherche artistique.
Parce que le corps de mes enfants n'est pas innocent, immortel, ou je ne sais quel attribut fantasmé par ces "bien-pensants" de droite. Parce que ce n'est pas à eux de décider ce qu'un corps d'enfant représente, parce qu'ils n'en savent pas plus que ces artistes, ou que moi, que nous.
Parce que je me sens suffisamment adulte, moi, adulte et informée, pour savoir ce que mes enfants sont assez grands, ou pas, pour regarder. Parce que je fais confiance aux profs qui les encadrent, tellement plus qu'à d'autres parents d'élèves aux propos racistes, discriminatoires, homophobes (sans que jamais de tels propos fassent l'objet, pourtant, d'aucune mis en examen).

Je revenais de Thonon-les-bains lorsqu'on m'a envoyé cet appel*.
Thonon, où, dans le cadre des journées Lettres frontière, j'ai rencontré des lecteurs, des bibliothécaires, mais aussi les autres auteurs de la sélection.
J'ai notamment revu Pascale Kramer mais aussi Joël Bastard, descendu de la ferme de Beule nous dire un petit bonsoir.

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Joël connaît bien Thonon, il m'a promenée un peu dans la nuit de cette ville.
Il m'a désigné ces colombages, avec des frises bien visibles de tout public :

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Mais je me demande, faut-il les détruire, ces frises, au motif que des enfants puissent y faire trop attention ?

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Et cet ange qui se touche les tétons n'est-il pas mignon ? Mais au fait, est-il encore angélique ? Et d'ailleurs, quel est son sexe ? Peut-on nier qu'il ait de beaux seins et de belles ailes ? Et son geste, est-ce celui d'une innocence perdue ?

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*NOS LIBERTÉS - NOS DROITS

Nous tous, artistes, chercheurs, créateurs, intellectuels, diffuseurs, travaillant dans le domaine des arts, nous alarmons aujourd’hui des menaces qui pèsent sur nos libertés de pensée, de création et d’expression.
La mise en examen de Henry-Claude Cousseau, Conservateur général du Patrimoine, ancien Chef de l’Inspection générale des Musées de France, ancien Directeur des Musées de la Ville de Nantes, ancien Directeur des Musées de la Ville de Bordeaux, Directeur de l’École nationale supérieure des Beaux-arts de Paris, historien de l’art renommé, des chefs de : DIFFUSION DE MESSAGE VIOLENT, PORNOGRAPHIQUE OU CONTRAIRE À LA DIGNITÉ, ACCESSIBLE À UN MINEUR : DIFFUSION DE L’IMAGE D’UN MINEUR PRÉSENTANT UN CARACTÈRE PORNOGRAPHIQUE, comme ancien Directeur du CAPCMusée d’art contemporain ayant présenté l’exposition
Présumés innocents : l’art contemporain et l’enfance en 2000 à Bordeaux, nous concerne tous et nous lui exprimons notre soutien.
Alors que les
media, la publicité et tous leurs supports urbains utilisent les images de la violence au service de mobiles commerciaux et les diffusent massivement, nous nous indignons que soit nié le statut, durement conquis au fil des siècles dans notre civilisation, des œuvres d’art, de ceux qui les produisent et de ceux qui les accompagnent.
Cette mise en examen nous concerne tous, comme elle concerne chaque citoyen car la liberté est un bien commun et la création artistique, l’inaliénable expression d’une culture.
Signataires de cet appel nous affirmons notre entière solidarité à Henry-Claude Cousseau.

Si vous souhaitez vous joindre à cet appel, indiquez vos : nom, qualité, ville. Et renvoyez ceci à l’adresse suivante :
noslibertes-nosdroits@aliceadsl.fr
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