corrections après une lecture extérieure intime
23May06 | sexe féminin
Les Adolescents troglodytes ont pour
narratrice une fille qui est née dans un corps de
garçon, mais pas n'importe laquelle. Cette fille, je
la connais. Ou plutôt je connais une fille qui m'a
servi de modèle pour cette narratrice. Ce n'est pas
la première fois, bien sûr, mais cette fois, et c'est
une première pour moi, elle était au courant.
Il faut dire que cette fille, Danielle, a été aussi "ma" première fois, ou plutôt la première personne avec un corps de garçon, et c'était au bord du lac où descendent les Les Adolescents troglodytes, ce qui n'est pas rien. Mais de ça j'en reparlerai. Du lac, où je suis revenue, d'elle, de son frère, des garçons. Des coïncidences de ce livre (parce qu'au moment où j'en avais commencé l'écriture, cette fille m'a aussi contactée pour me demander de témoigner au tribunal en vue de son changement d'identité, et c'était aussi le moment où je venais de retrouver ce lac avec mon mari... et encore d'autres étrangetés, mais plus tard sinon...).
Cette fille a donc logiquement été la troisième à lire/vérifier mon manuscrit (le premier comme presque toujours c'est mon mari, le deuxième mon éditeur, le quatrième est mon ami Pascal, qui vient d'emporter la chose chez lui... le cinquième sera mon fils Sylvère - à cause de son expérience des navettes scolaires en zone de montagne, et parce qu'il me l'a demandé, et parce qu'il est assez grand, et parce qu'il se sent concerné par les ados bien sûr, mais aussi par la cause trans, comme tout citoyen qui se respecte - et la sixième devrait être Ma Lorie - et Ma Lorie c'est POL, mais sur cette histoire aussi il faudra que je revienne).
Et voilà que mon amie Danielle m'écrit ses impressions d'après lecture, puisque je le lui ai demandé.
Petits extraits de ses remarques et mes réponses :
page 56 : sodomisé e ?
- sodomisé : elle ne peut l'être que dans son corps de garçon (pour elle) Pour elle c'est la seule façon d'être pénétrée dans son corps (encore) de garçon, mais elle n'aime pas. Donc elle ne sera jamais sodomisée puisqu'une fois dans son corps de fille, elle peut l'être vaginalement (tiens, un néologisme) (...) J'ai bien conscience que beaucoup de filles aiment la sodomie (...) pourquoi elle elle devrait aimer, juste parce qu'elle a eu un corps de garçon en étant une fille qui aime les garçons ? Enfin bref je me comprends !
page 57 : plusieurs accords de genre : sodomisé e, cogné e, esseulé e, rhabillé e ?
Oui j'alterne volontairement les deux : elle a une expérience "malheureuse" avec un type qui ne comprend rien et la ramène a son "statut" de trans non opéré(e)
page 65 : démodé e ?
Oui là encore c'est le regard gêné du frère, donc au masculin, même si j'ajoute "pour une femme" c'est exprès
page 72 : reconnu e ? mais tu faisais sans doute référence au petit garçon...
Oui, il ne reconnaît pas le petit garçon
page 74 : reconnu e ? (deux fois)... idem
Oui idem
Les accords de genre ils en principe tous "pensés" mais je vais vérifier : il y a son enfance au masculin mais surtout il y a une impression qui persiste parfois : elle se met au masculin quand elle pense que les autres la voient au masculin. Ou quand elle se juge.
Mes deux petits commentaires, bon tu vas peut-être me trouver tatillonne car c'est vraiment du détail et j'en fais pas une affaire mais comme tu m'as demandé mon avis :
page 57 : tu écris : C’était ridicule exagéré et cette fois vraiment monstrueux, d’autant plus qu’y penser me faisait bander ... ben je trouve pas que ce soit si réaliste que ça, plutôt "m'excitait" sans forcément "faire bander".
page 69 : tu écris : J’ai abandonné mes études, j’ai travaillé comme serveuse hôtesse, ben je trouve que c'est ta seule petite concession à un cliché sur les trans... parce que j'ai interprété "serveuse hôtesse" comme serveuse de bar à hôtesses (c'est ça non ?) et pourquoi renvoyer à truc de sexe vénal ? est-ce que ça apporte vraiment quelque chose au personnage, si ce n'est le relier à ce à quoi on nous assimile malheureusement quasi systématiquement ?
Tu m'aides beaucoup : par ex serveuse hôtesse j'hésitais, donc tu me confirmes mon impression.
Quand à la phrase où elle dit "bander" oui c'est vraiment bander que je veux dire, mais il peut y avoir confusion avec excitée, je vais carrément parler d'érection, car je veux l'encombrer, juste avant son opération, d'un machin de mec qui se lève !
tes descriptions de la trans sont extrèmement justes ! j'en suis même un peu bluffée, il y a bien sûr un peu ce dont je t'ai parlé mais il y a aussi des trucs que tu as trouvé toute seule et qui sont tellement vrais, dans les émotions, dans ses sentiments, dans ses douleurs intérieures...
Bref, je suis profondément touchée et reconnaissante de ce que tu as écrit, bouleversée quoi. Ben ça alors, tu peux être fière de toi !
Je trouve aussi génial le parti pris de parler à la première personne, je suis sûre que les lecteurs s'identifieront plus facilement au personnage, alors qu'il est tellement difficile d'appréhender ce que nous ressentons.
ce que tu dis me fait plaisir : sur ce que j'aurais trouvé toute seule : mais non je dois dire que c'est assez facile pour moi de me mettre à la place d'une fille, même si elle a un corps de garçon alors que l'inverse me serait impossible. J'ai juste transposé ce que je ressens : par ex tu m'avais dit toi même pour les suites opératoires, ayant accouché c'était fastoche d'imaginer. Sur le désir idem. sur la difficulté d'être une femme : ben je connais... etc. il me suffit de m'imaginer avoir un pb de corps, et j'en ai eu d'autres. Et puis aussi : je m'intéresse quand même au sujet, à la représentation des trans (je déteste ce terme, je te dirai pourquoi). J'ai aussi déjà réfléchi au pb de la transexualité à propos de mes enfants (bon, il ne semblerait pas que ça les concerne mais pour Paul c'est trop tôt pour savoir). Dans la même idée impossible pour moi d'écrire autrement qu'à la première personne, puisque ce sont justement mes propres sensations transférées. encore une fois je ne pourrais pas parler à la placer d'un garçon qui aurait un corps de fille !
Il faut dire que cette fille, Danielle, a été aussi "ma" première fois, ou plutôt la première personne avec un corps de garçon, et c'était au bord du lac où descendent les Les Adolescents troglodytes, ce qui n'est pas rien. Mais de ça j'en reparlerai. Du lac, où je suis revenue, d'elle, de son frère, des garçons. Des coïncidences de ce livre (parce qu'au moment où j'en avais commencé l'écriture, cette fille m'a aussi contactée pour me demander de témoigner au tribunal en vue de son changement d'identité, et c'était aussi le moment où je venais de retrouver ce lac avec mon mari... et encore d'autres étrangetés, mais plus tard sinon...).
Cette fille a donc logiquement été la troisième à lire/vérifier mon manuscrit (le premier comme presque toujours c'est mon mari, le deuxième mon éditeur, le quatrième est mon ami Pascal, qui vient d'emporter la chose chez lui... le cinquième sera mon fils Sylvère - à cause de son expérience des navettes scolaires en zone de montagne, et parce qu'il me l'a demandé, et parce qu'il est assez grand, et parce qu'il se sent concerné par les ados bien sûr, mais aussi par la cause trans, comme tout citoyen qui se respecte - et la sixième devrait être Ma Lorie - et Ma Lorie c'est POL, mais sur cette histoire aussi il faudra que je revienne).
Et voilà que mon amie Danielle m'écrit ses impressions d'après lecture, puisque je le lui ai demandé.
Petits extraits de ses remarques et mes réponses :
page 56 : sodomisé e ?
- sodomisé : elle ne peut l'être que dans son corps de garçon (pour elle) Pour elle c'est la seule façon d'être pénétrée dans son corps (encore) de garçon, mais elle n'aime pas. Donc elle ne sera jamais sodomisée puisqu'une fois dans son corps de fille, elle peut l'être vaginalement (tiens, un néologisme) (...) J'ai bien conscience que beaucoup de filles aiment la sodomie (...) pourquoi elle elle devrait aimer, juste parce qu'elle a eu un corps de garçon en étant une fille qui aime les garçons ? Enfin bref je me comprends !
page 57 : plusieurs accords de genre : sodomisé e, cogné e, esseulé e, rhabillé e ?
Oui j'alterne volontairement les deux : elle a une expérience "malheureuse" avec un type qui ne comprend rien et la ramène a son "statut" de trans non opéré(e)
page 65 : démodé e ?
Oui là encore c'est le regard gêné du frère, donc au masculin, même si j'ajoute "pour une femme" c'est exprès
page 72 : reconnu e ? mais tu faisais sans doute référence au petit garçon...
Oui, il ne reconnaît pas le petit garçon
page 74 : reconnu e ? (deux fois)... idem
Oui idem
Les accords de genre ils en principe tous "pensés" mais je vais vérifier : il y a son enfance au masculin mais surtout il y a une impression qui persiste parfois : elle se met au masculin quand elle pense que les autres la voient au masculin. Ou quand elle se juge.
Mes deux petits commentaires, bon tu vas peut-être me trouver tatillonne car c'est vraiment du détail et j'en fais pas une affaire mais comme tu m'as demandé mon avis :
page 57 : tu écris : C’était ridicule exagéré et cette fois vraiment monstrueux, d’autant plus qu’y penser me faisait bander ... ben je trouve pas que ce soit si réaliste que ça, plutôt "m'excitait" sans forcément "faire bander".
page 69 : tu écris : J’ai abandonné mes études, j’ai travaillé comme serveuse hôtesse, ben je trouve que c'est ta seule petite concession à un cliché sur les trans... parce que j'ai interprété "serveuse hôtesse" comme serveuse de bar à hôtesses (c'est ça non ?) et pourquoi renvoyer à truc de sexe vénal ? est-ce que ça apporte vraiment quelque chose au personnage, si ce n'est le relier à ce à quoi on nous assimile malheureusement quasi systématiquement ?
Tu m'aides beaucoup : par ex serveuse hôtesse j'hésitais, donc tu me confirmes mon impression.
Quand à la phrase où elle dit "bander" oui c'est vraiment bander que je veux dire, mais il peut y avoir confusion avec excitée, je vais carrément parler d'érection, car je veux l'encombrer, juste avant son opération, d'un machin de mec qui se lève !
tes descriptions de la trans sont extrèmement justes ! j'en suis même un peu bluffée, il y a bien sûr un peu ce dont je t'ai parlé mais il y a aussi des trucs que tu as trouvé toute seule et qui sont tellement vrais, dans les émotions, dans ses sentiments, dans ses douleurs intérieures...
Bref, je suis profondément touchée et reconnaissante de ce que tu as écrit, bouleversée quoi. Ben ça alors, tu peux être fière de toi !
Je trouve aussi génial le parti pris de parler à la première personne, je suis sûre que les lecteurs s'identifieront plus facilement au personnage, alors qu'il est tellement difficile d'appréhender ce que nous ressentons.
ce que tu dis me fait plaisir : sur ce que j'aurais trouvé toute seule : mais non je dois dire que c'est assez facile pour moi de me mettre à la place d'une fille, même si elle a un corps de garçon alors que l'inverse me serait impossible. J'ai juste transposé ce que je ressens : par ex tu m'avais dit toi même pour les suites opératoires, ayant accouché c'était fastoche d'imaginer. Sur le désir idem. sur la difficulté d'être une femme : ben je connais... etc. il me suffit de m'imaginer avoir un pb de corps, et j'en ai eu d'autres. Et puis aussi : je m'intéresse quand même au sujet, à la représentation des trans (je déteste ce terme, je te dirai pourquoi). J'ai aussi déjà réfléchi au pb de la transexualité à propos de mes enfants (bon, il ne semblerait pas que ça les concerne mais pour Paul c'est trop tôt pour savoir). Dans la même idée impossible pour moi d'écrire autrement qu'à la première personne, puisque ce sont justement mes propres sensations transférées. encore une fois je ne pourrais pas parler à la placer d'un garçon qui aurait un corps de fille !
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