Volume

Orion Scohy n'est pas un pseudo, c'est son vrai nom. Il a écrit un drôle de Volume, injustement boudé par la critique. Sauf que voilà, dès qu'on sort de Paris, y'a des gens un peu plus cultivés : dans le Gers par exemple. Et des gens cultivés à la campagne c'est pas forcément des vieux enfermés dans une masure avec plein de livres poussiéreux. Volume a décroché le prix du jeune mousquetaire décerné justement par des jeunes : des lycéens.

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Dans le livre d'Orion, sorte d'ovni protéiforme, y'a des tas de références littéraires, c'est un gros livre, exigeant et très tordant. Les jeunes de la campagne n'ont pas peur de lire des livres atypiques, avec plein de pages, une structure particulière, des jeux de langage, une typographie surréaliste et dont la très étrange table des matières est au milieu ("un compas et une règle peuvent s'avérer utiles", est-il écrit en dessous de la dite table...).

Dans ce Volume fait de morceaux de livres, y'a aussi un opéra-baise, très osé, très coloré et parfumé... (j'ai traité Orion de satyre, quand j'ai su qu'il était lu par des jeunes). Dans certains endroits, les parents d'élèves auraient crié au scandale. Pas dans le Gers, où l'on sait lire au trentième degré, où l'on connaît les différents niveaux de langage, où l'on est beaucoup plus ouvert qu'il n'y paraît aux gens des villes.

Alors bravo à Orion, bravo aux jeunes des champs, et si vous voulez lire de la littérature E.T., marrante, loufoque, étonnante, "désorientante" osez faire comme ces jeunes, lisez ce Volume.

Allez, pour le plaisir, un morceau de Volume, mon passage préféré, p. 70 :

(...) Du moins, ce qui aurait dû être un viol suivi d'un découpage méthodique. J'étais tellement préoccupé par cette histoire de méthode dans le découpage, tellement obsédé par la peur de ne pas parvenir à agir assez froidement, que j'en ai oublié l'étape du viol. J'avais concentré tous mes efforts sur la façon de dissoudre proprement la continuité du jeune corps naguère élastique et suffisant.
Dans le but de corriger mon omission, j'abusais des restes après l'équarrissage, en m'acharnant sur un éparpillement aussi sanglant qu'absurde de segments humains qui me glissaient des doigts sans arrêt.
C'est en faisant coulisser le plus frénétiquement possible ce qui restait du bassin tronçonné sur l'axe de mon membre tant bien que mal érigé (et ce, malgré l'épouvantable béance du vagin) qu'il m'apparut clairement que je n'étais pas en train de suivre mon inclination naturelle.


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