navettes
Ce n'est pas une sortie d'école, mais la sortie du collège, invisible. Il faut emprunter un petit sentier fleuri dans le village, pour accéder à ce collège, qui n'est pas constitué de bâtiments, mais juste de quelques maisons avec un peu plus de fenêtres que les autres..

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Navette était le titre sous lequel j'avais enregistré provisoirement les notes des Adolescents troglodytes. Pourtant j'étais loin de savoir, alors, que je me retrouverai, là, au milieu des navettes de ce collège de 80 élèves.

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Depuis que le collège existe, depuis plus de 40 ans, il n'y avait jamais eu de prof d'arts plastiques, pour des tas de raisons.

Je ne dis rien de tout ça au rectorat, bien sûr, mais s'ils savaient : que toutes ces allées et venues sur ce territoire, avant d'y être, je les ai faites, via ma narratrice, dans un livre, juste à cause d'un petit poème de ma fille Lola (voir "dans les traces de mon frère", note du 13/08, catégorie "pieds"). Lola qui prenait, petite, dans un autre paysage de montagne, la navette, et la reprend encore, là, sur cette place de village (la sienne ne peut transporter que 8 élèves) pour suivre, entre autres, des cours d'arts plastiques...

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Elle attache Minuit et file à l’arrière pour se mettre dans le soleil. Le trajet de la Navette est tout en courbe, mais il reste presque toujours horizontal, et suit plus ou moins les directions opposées au soleil. Le matin vers l’ouest, et le soir vers l’Est, enfin pas tout à fait, ça dépend de la saison, mais ce matin, mon itinéraire correspond aujourd’hui, mi-novembre, à l’idée pile de s’éloigner du soleil à l’heure des petits. Lise regarde à l’arrière, se goinfre du lever de soleil, et comme elle est presque rousse, la lumière s’engouffre partout. Cet après-midi elle se mettra dans le coucher de la même façon, dans l’épais soleil, qui engraissera son visage de rouge, puis se retirera de ses joues pendant que je les ramènerai chez eux. Pour le moment le soleil encombre le rétro, je ne peux pas regarder dedans. On suit la ligne de partage des eaux, et c’est marrant, le ciel et la terre sont aussi comme séparés : devant nous la nuit gris sombre, massive, et derrière, des couleurs à s’en écoeurer, et d’ailleurs Lise à vouloir tout voir a la nuque renversée, elle va vomir c’est sûr.

Les Adolescents troglodytes
, à paraître (POL, janvier 2007)

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La réalité ne dépasse pas la fiction, la fiction ne s'appuie pas sur du réel, non, c'est un aller-retour incessant, ce mélange magique de la représentation. Une navette qui tisse son récit entre histoire et mythe, passe et repasse entre les fils des phrases.

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