marcher sur des petits points avec nos petits Paul
Hier je disais donc qu'en mai j'étais allée à Montagnac rencontrer des lecteurs et que, sur la route, j'avais fait une belle rencontre : un homme qui s'était endormi dans ses ombres sur un siège de ma voiture bleue.

Je le laisse (je l'abandonne ?) et je vais voir les "gens" qui m'ont invitée, un certain Alain de l'association "Belugo", ce qui veut dire quelque chose comme "étincelle" en occitan. J'ai vécu et travaillé très près de ce village, mes parents habitent pas loin, mes beaux grands parents non plus, et donc nous nous trouvons des tas de connaissances communes. Pourtant, Alain ne m'a pas invitée pour ça, non, il ne savait pas du tout que j'avais été "du coin", mais alors pas du tout. Simplement, il avait aimé mon livre, et comme il invite des écrivains à venir rencontrer des lecteurs, il m'a contactée via P.O.L.

Il avait eu ce livre dans les mains un peu par "hasard" : et c'est de ce hasard-là dont je voudrais parler.

Sa belle-fille était enceinte. Il lui a demandé quel cadeau lui ferait plaisir pour la naissance du petit. Elle lui a répondu un livre. Alors tu le choisiras. Elle a choisit Le Tiroir à cheveux, après avoir accouché. Or sa grossesse avait été comment dire... "inquiétée" par des gynécos, qui l'avaient un peu affolée sur un handicap qui n'est resté que supposition. Elle me confiera qu'elle a choisi mon livre un peu "comme ça", parce qu'elle aime bien les livres de P.O.L., que si elle avait su de quoi ça parlait jamais elle ne l'aurait pris.

Elle a été profondément touchée par mon livre. Elle l'a fait lire à son beau-père, etc.
Pendant ce temps, j'écrivais Les adolescents troglodytes.


J'ai déjà raconté comment j'ai publié chez P.O.L. (voir "Ma Lorie m'envoie chez P.O.L.", catégorie "dos").

La première fois que j'ai rencontré Paul Otchakovsky-Laurens, je lui ai demandé pourquoi les petits points ? Il m'a expliqué son attachement à Perec, comment l'édition de La vie mode d'emploi au sein d'Hachette en 1978 a été un succès tel qu'il a pu fonder sa propre maison d 'édition : en hommage à Pérec il a donc utilisé pour logo cette figure du jeu de go (une des figures "éternelles" : le jeu est bloqué, donc il dure infiniment) qui se trouve sur le paillasson sur le palier de Bartlebooth dans La vie mode d'emploi ...

logo

Je marche donc j'écris sur ce paillasson là, et ce n'est pas rien. Mais ce n'est pas tout.

La première fois que P.O.L. m'a appelée, j'étendais du linge avec mon petit Paul dans les pattes. J'étais très émue (je n'arrivais pas y croire) et me sentant troublée mon petit Paul* faisait un boucan du diable (du petit diable qu'il est encore). Monsieur Otchakovsky-Laurens m'a dit qu'il entendait un petit bébé ? Oui, un petit Paul, etc.

Alain de "Belugo" et moi essayant de trouver une date pour la rencontre, nous sommes tombés d'accord pour le jeudi 11 mai, ça tombe bien, m'a-t-il dit, ce sera le premier anniversaire de son petit fils, celui par qui le livre est arrivé.

J'arrive donc à Montagnac, avec un petit cadeau (un livre) pour le petit. Comment s'appelle-t-il ? Paul. Ah...

Je rencontre enfin Nadège, la belle fille, nous avons une discussion très émouvante, dans laquelle j'apprends qu'elle crée des mosaïques sur lesquelles on peut marcher*, des pavages.

Le petit Paul tourne autour de nous en faisant des pas mal assurés.



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Je dirai plus tard à Nadège que je suis en train d'écrire un roman dans lequel une Nadège porte sous ses cheveux le doryphore de mon beau-frère (pour voir la bebête, c'est ici).


* C'est une tautologie : "Paul" signifie déjà "le petit".
* Je les présenterai de temps en temps dans ce cahier, parce qu'elles sont belles.

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