histoires de voisinages
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Je découvre par Jean-Gabriel Cosculluela* cette revue, "faire part" (et je découvre aussi Jacques Dupin, auquel sera consacré le prochain numéro).

Cette revue vient du Cheylard et est très "orientée" P.O.L. (Dupin, donc, en prévision, mais aussi Lucot, Pringent, Novarina, Juliet, Noël...) : tout ça est près de chez moi (chez moi, c'est ce que j'aime lire), mais je n'en connaissais rien.

J'adore ça : voir que tout près, on y voyait rien, tellement c'est près, et c'est très beau...

La dernière revue étant bien sûr consacrée à Hubert Lucot, puisque je suis en train de lire Le centre de la France...

J'écrirai d'autant plus volontiers sur Jacques Dupin que je ne l'ai encore jamais lu (découvrir encore et toujours des écrits, alors qu'on est entouré de livres sans écriture) et que je suis convaincue qu'en "région" on peut parler littérature sans être ni sectaire ni fermé ni régionaliste justement (exemple : Le Matricule des Anges).

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* Une de mes voisines et amie (enfin, je me comprends : à 6km...) m'a dit un jour "tu sais, y'a un poète dans le village, je sais plus comment il s'appelle". Alors j'avais cherché sur le site de l'ARALD qui ça pouvait bien être et j'étais tombée sur cet extrait de Jean-Gabriel C. Vit en "haute Ardèche", y'a marqué dans sa bio, donc, ce devait être lui, pour moi Haute Ardèche veut dire Ardèche d'altitude... Toute contente, parce que l'extrait en question était à la hauteur (décidément) de mes espérances, je demande à ma "voisine" c'est pas Jean Gabriel C, c'est pas Jean Gabriel C ? Ah non, ça me dit rien... Elle me passe le livre du poète en question, bref c'était de la poésie "tout ce que je déteste". La poésie, tout le monde prétend en faire, or y'a rien de plus difficile et exigeant. Et je déteste ces types qui publient (ou payent une publication) de la poésie parce que ça leur permet d'évacuer à peu de frais (paragraphes courts, rimes, exclamations) des sensations, sentiments qui les transportent ou les dépassent sans faire le moindre effort de ses mains.

Alors que

L’écrivain est dans l’espace du retrait. Retrait trop délaissé aujourd’hui. Ici, l’écrivain tend la main et l’écriture traverse. Elle traverse l’espace du livre, elle est déjà dans la tension de la lecture.
• La main de l’écrivain se mesure à la lettre aux mouvements de l’ absence, à l’énergie du silence qui ouvre le moindre mot. Il y a celui qui traverse la frontière serrant le moindre mot dans sa main. Il y a celui qui traverse la langue ruinée et encore un autre mot, source en serrant déjà la main du lecteur.

(Jean-Gabriel Cosculluela
"D'un retrait"
Extraits d'un livre inédit, 2001, pioché chez Maulpoix)


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